Gardez le contrôle du formatage sous LaTeX (Suite)

Dans ce billet, on va plonger encore un peu plus loin dans la gestion de la mise en forme sous \LaTeX. Il fait suite au précédent article.

 

MAJUSCULES et italique

Une différenciation doit être faite des grandes et des petites capitales. Conventionnellement, les grandes servent en début de phrase ou de nom propre, pour les sigles, la numérotation des millénaires, le volume d’un ouvrage ou la numérotation d’un gouvernant (ex : Henri IV).
Les petites capitales sont à utiliser pour les noms de famille et les chiffres romains pour la numérotation des siècles ou le sous-sectionnement d’un livre.

L’italique sert à citer un livre, un mot ou une expression étranger ou un produit commercial. L’utilisation du soulignement et du gras n’est pas particulièrement encouragée.

Les commandes pour écrire un texte en petites capitales, en italique, souligné et gras sont respectivement :

\textsc{petites capitales}
\textit{italique}
\underline{souligné}
\textbf{gras}

On peut bien sûr combiner ces commandes. Les grandes capitales s’écrivent simplement en GRANDES CAPITALES, et sont prioritaires sur \textsc.

Si vous avez un mot qui apparaît souvent, par exemple le nom d’un produit, il peut être malin de créer une macro. Si vous devez par exemple, pour une obscure raison, citer Microsoft© Office plusieurs fois dans votre texte, vous devrez à chaque fois vous taper : Microsoft\copyright~\textit{Office} (vous aurez noté l’utilisation de l’espace insécable ~).

Pour ça, le plus intelligent est donc de mettre dans le préambule :

\newcommand{\office}{Microsoft\copyright~\textit{Office}}

Ensuite, dans le corps de texte, vous pourrez invoquer votre grosse commande avec \office :

Depuis que je travaille sous \LaTeX, plus besoin de \office !

Après une macro, LaTeX ne gère pas d’espace. Dans l’exemple ci-dessus, le point d’exclamation sera donc collé à Office. Une fausse bonne idée serait de mettre un espace dans la macro : si on avait un point à la place d’un point d’exclamation, ce serait moche. Le truc est donc d’utiliser le package xspace, qui fournit la commande éponyme. Cette commande va tester ce qu’il y a après pour savoir s’il faut mettre une espace ou non. On a donc dans le préambule :

\usepackage{xspace}
\newcommand{\office}{Microsoft\copyright~\textit{Office}\xspace}

Par contre xspace ne comprend pas \footnote, et a donc tendance à rajouter une espace entre la macro et la note. On rajoute donc {} après l’appel de la macro et ça roule :

Depuis que je travaille sous \LaTeX, plus besoin de \office{}\footnote{Ni même de LibreOffice} !

 

Ne pas afficher le titre « Références » avec BibTeX

Si on fait sa biblio (à raison) avec BibTeX, on est souvent confronté à un problème : on aimerait bien avoir une section qui s’appelle « Références », pour qu’elle apparaisse dans le sommaire, mais BibTeX génère lui même ce titre sur la page de références. On a donc ce titre qui apparaît deux fois. En fait, BibTeX fait automatiquement une section étoilée (\section*{Références}, section non numérotée, donc invisible dans le sommaire).
La solution est de neutraliser cette commande en redéfinissant une commande interne à \LaTeX en plaçant dans le préambule :

\makeatletter
\def\pasdetitreici{\def\section{\@ifstar\@gobble\@gobble}}
\makeatother

Et là où on veut afficher les références :

\section{Références}
  \pasdetitreici
  \bibliographystyle{plain-fr}
  \bibliography{biblio}

Annexes et Numérotation des pages

Pour mettre des annexes, il suffit de se placer dans l’environnement appendix. Son intérêt est de changer le style de numérotation pour les figures et sectionnements.

Sur un gros document, une astuce très élégante est de changer de style de numérotation de page entre l’introduction (résumé, table des matières etc.), le corps du document et les annexes. Le style est changé par la commande \pagenumbering. Un exemple :

\pagenumbering{Roman}
\begin{abstract}
  toto
\end{abstract}
 
\newpage
\tableofcontents
 
\newpage
\pagenumbering{arabic}
  Un gros document avec plein de trucs géniaux
 
\pagenumbering{Roman}
  \begin{appendix}
    Des annexes, que personne ne lira
    Et les références bibliographiques
  \end{appendix}

À chaque définition du style de numérotation, le compteur de page est réinitialisé. Sachez qu’on peut forcer une valeur, par exemple pour reprendre la numérotation à une valeur précédente :

\setcounter{page}{127}

Attention par contre à bien vérifier la parité de la page (pour s’assurer de la position de la numérotation sur les pages paires/impaires, voir le billet précédent)

 

Style de numérotation dans un environnement enumerate

Dernière astuce : pour choisir le style de numérotation dans un enumerate, il faut charger le package enumerate ( ! !). Ensuite on peut rajouter un argument dans la commande concernée pour choisir le style. Par exemple si on veut du i., ii. iii. etc. :

\begin{enumerate}[i.]
  \item toto
  \item titi
  \item tata
\end{enumerate}

La documentation complète, avec les exemples qui vont bien, est disponible ici.
Bien entendu, il existe le pendant pour l’environnement itemize : enumitem (doc ici)

 

Bonne compilation !

Gardez le contrôle du formatage sous LaTeX (Suite)
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  • Concernant l’ajout de la section « Références » au sommaire, Dadam suggère une solution plus propre :

    \addtocontents{toc}{section}{Références}

  • Pingback: LaTeX : Boucles conditionnelles et compilation | Le Blog de Dorian()

  • Billet très intéressant et m’ayant été fort utile.

    Juste un petite coquille.

    « A chaque définition du style le numérotation, le conteur de page est réinitialisé. »

    J’eus préféré

    « [À] chaque définition du style [d]e numérotation, le co[mp]teur de page est réinitialisé. »
    L’idée d’un « conteur de page » est amusante.

    J’en souris encore.

    En ce cas page serait au genre, grammatical s’entend, masculin.

    Imaginez une personne fabulant à propos d’un jeune garçon, ou jeune homme généralement d’origine noble, attaché au service d’un roi, d’un seigneur ou d’une grande dame (dont il portait la livrée), pour servir d’escorte, effectuer le service d’honneur et apprendre certaines fonctions civiles et militaires.

    Je n’ose imaginer comment cette personne serait « réinitialisée ». 🙂

    Dans le contexte de votre billet c’est pour le moins croquignolesque !
    Bonne continuation et bonne correction.

    • Merci pour la remarque, j’admets que la faute était aussi ridicule qu’inexcusable. Par contre, je ne me serais pas aventuré à l’invention d’une quelconque signification…

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